Liliane Jordi

Curieuse de tout et portant son intérêt sur chacun, la journaliste neuchâteloise et valaisanne Liliane Jordi était toutefois farouchement indépendante. Pour elle et son métier.

Elle vient de décéder ce 12 octobre, à 78 ans, après quelques semaines d’hospitalisation. Elle aura oublié que si l’esprit peut bien rester vif, le corps finit par fatiguer.

C’est au début des années 80 qu’elle bifurque vers le journalisme. Elle quitte une situation professionnelle enviable dans la vente et la gestion, d’abord à Bâle, puis à Genève. Elle s’établit avec sa mère dans le Val-de-Ruz, et accomplit son stage à l’Agence télégraphique suisse à Berne. Puis sa plume prend son envol en freelance. On l’a lue beaucoup dans des publications modestes ou populaires (Trente jours, Construire), dans des magazines sur papier couché (Femina, L’Hebdo), prestigieux (Le Temps stratégique) ou très spécialisés (Banque & Finance).

Elle avait à la fois la compréhension du monde financier pour vous expliquer simplement des complexités économiques et sociales, et le talent du mot nécessaire pour vous faire sentir, entre les lignes, le goût des tartes aux myrtilles de l’hôtel Weisshorn. Car elle aimait tant la montagne. Un pied à Saules pendant longtemps, elle avait l’autre en Valais, à La Forclaz. Elle allait s’y reposer de ses nombreux voyages aux quatre coins du monde. Elle a fini par choisir les pentes abruptes et son chalet, où sa simplicité et sa sincérité se sentaient à l’aise. Elle y recevait ses amis, les soûlait de questions pour tout savoir et les comblait d’attention sans rien vouloir.

A elle qui aimait tant la conversation, la lecture et l’écriture, puisse cette pelletée de mots lui être douce sur ses yeux fermés.

Rémy Gogniat

(Hommage paru en octobre 2014 dans L’Express de Neuchâtel)